HipHop : Analyse de la chanson « The Night The earth Cried » du groupe Gravedigazz (1997)


« The Night The earth Cried » du groupe Gravedigazz. (1997)

Par Firebarzzz


Analyse de la chanson « The Night The earth Cried » du groupe Gravedigazz (1997)

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✨Au coeur du hardcore

La chanson « The Night the Earth Cried » du groupe Gravediggaz, extraite de leur album The Pick, the Sickle & the Shovel (1997), est une œuvre marquante du rap hardcore et du rap alternatif des années 90. Gravediggaz, composé notamment de Prince Paul, RZA, Frukwan et Too Poetic, est connu pour son approche sombre, philosophique et parfois sinistre du rap, qui inclut ce morceau, mettant en lumière des thèmes de mort, de destruction, et de réflexion existentielle. Pourquoi parler de ce titre aujourd’hui ? Car je me suis rendu compte avec mon fils comme cobaye, que cette magnifique chanson était un moyen éducatif ludique et très persuasif pour expliquer les ravages de l’esclavage dans l’histoire du monde aux enfants aguerris . Au delà d’être poignante « The Night The earth Cried » est un symbole pour un homme ou femme noire en quête de ses racines. Depuis la première fois ou je l’ai découverte et entendue en 97′, l’impression comme l’émotion n’a pas changée elle reste intacte, elle traverse le temps et devient de plus en plus puissante, étant donner le cadre que nous offre notre société en règle générale aujourd’hui. Pour bien comprendre cette chanson faut se documenter sur la théorie des 5%. Il est important de souligner la qualité du clip vidéo réalisé par RZA, et illustrant l’année 1555 et la terreur exercée par Sir John Hawkins un commandant de la marine anglaise, corsaire et  marchand de l’époque élisabéthaine. Il est connu pour son role dans le développement précoce de la marine britannique et surtout pour son implication dans la traite transatlantique des esclaves.

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✨Sir John Hawkins

Sir John Hawkins, un commandant et marchand britannique du XVIe siècle, est souvent considéré comme l’un des premiers premiers à avoir participé activement à la traite transatlantique des esclaves. Au cours de ses voyages, il a capturé des milliers d’Africains, les notamment en esclavage et les vendant aux colonies espagnoles des Amériques. En 1562, il effectue son premier voyage en Afrique de l’Ouest, où il obtient des esclaves en échange de biens, marquant ainsi le début d’une série d’expéditions commerciales lucratives. Hawkins a non seulement joué un rôle majeur dans l’établissement de routes commerciales d’esclaves, mais il a également utilisé ses contacts avec la couronne espagnole pour protéger et étendre ses intérêts commerciaux. Son implication dans cette entreprise a largement contribué à l’expansion du système esclavagiste transatlantique, qui allait perdurer pendant plusieurs siècles, infligeant des souffrances incommensurables aux populations africaines.

HipHop : Analyse de la chanson « The Night The earth Cried » du groupe Gravedigazz (1997)

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✨La Théorie des 5% …

La théorie des 5 % provient d’une interprétation particulière des enseignements de la Nation of Islam (NOI), un mouvement religieux afro-américain fondé par Wallace Fard Muhammad au début du XXe siècle. Cette théorie, souvent associée à l’Empire des Cinq Pourcents ou à la Nation des Cinq Pourcents, a été popularisée par Clarence 13X, également connue sous le nom de « Le Père de la Nation des 5 % », qui était un ancien membre de la NOI avant de fonder son propre mouvement dans les années 1960. Selon cette théorie, l’humanité est divisée en trois catégories : les 85 %, les 10 % et les 5 %. Ces divisions, bien qu’elles soient symboliques, reposent sur une vision du monde qui se veut à la fois spirituelle, sociale et éducative. Les 85 % représentent la grande majorité de la population, souvent vue comme ignorante de sa propre histoire, opprimée, et soumise à l’influence des puissances dominantes, qu’elles soient politiques, économiques ou sociales. Les 10 % sont fermés comme l’élite, ceux qui détiennent le pouvoir et qui maintiennent le contrôle sur les 85 %, tout en exploitant leur ignorance aux fins de profit et de domination. Enfin, les 5 % représentent ceux qui sont éveillés, conscients de leur identité, et qui cherchent à transmettre la vérité et la connaissance à la société, en particulier aux 85 %. Ces 5 % ne sont pas seulement des intellectuels ou des sages, mais des individus activement impliqués dans l’éducation et la libération de l’opprimé. Ils croient en l’auto-empowerment et en l’importance de s’affranchir des chaînes mentales imposées par la société dominante.

Le message des 5 % transcende les simples distinctions de classe ou de race. Il invite à un éveil spirituel et à une compréhension plus profonde de soi-même, du monde, et des forces invisibles qui régissent la société. Dans le contexte de l’Amérique des années 1960 et 1970, cette théorie se révèle particulièrement pertinente pour les Afro-Américains, qui se battaient contre les injustices raciales et cherchaient des moyens de se libérer de l’influence dévastatrice du racisme systémique. Elle proposait une réponse idéologique et spirituelle aux défis quotidiens auxquels les communautés noires étaient confrontées, tout en offrant un cadre de rébellion contre l’ordre social et économique établi. À travers la théorie des 5 %, il ne s’agissait pas simplement de dénoncer un système injuste, mais aussi de cultiver un esprit de solidarité et de renouveau, d’où l’importance de l’éducation et de la transmission du savoir.

Ainsi, la théorie des 5 % ne se limite pas à une simple classification sociale. Elle incite chaque individu à se poser des questions profondes sur sa place dans le monde, sur son potentiel et sur son rôle dans la construction d’une société plus juste. En soulignant la nécessité de s’élever spirituellement et intellectuellement, cette théorie incarne un appel à l’autodétermination et à la responsabilité. Elle propose une vision radicale de l’éducation, un éveil des consciences visant à libérer les masses de l’ignorance qui les empêchent de voir les structures de pouvoir qui les oppriment, et ainsi de se réapproprier leur destinée.


HipHop : Analyse de la chanson « The Night The earth Cried » du groupe Gravedigazz (1997)

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Thèmes principaux :

  1. La fin du monde et la destruction : Le titre « The Night the Earth Cried » évoque une vision apocalyptique où la Terre, personnifiée, pleure la destruction de l’humanité et de la planète elle-même. Ce thème est récurrent dans le genre du rap underground des années 90, où les groupes abordent la décadence sociale, la violence et l’écologie. L’idée que la Terre « pleure » renforce l’image d’une catastrophe imminente, voire d’une vengeance de la nature contre les actions humaines nuisibles.
  2. L’humanité et ses erreurs : La chanson dépeint l’humanité dans une perspective critique, en soulignant les erreurs et les péchés de l’humanité qui ont mené à sa propre destruction. Cette approche peut être vue comme une critique des injustices sociales, des conflits et de l’irresponsabilité humaine vis-à-vis de la planète. Les paroles suggèrent que les actions humaines ont conduit à une sorte de jugement final.
  3. Réflexion philosophique et introspection : Comme souvent dans les travaux de Gravediggaz, il y a une forte composante introspective et philosophique. Le morceau invite à une réflexion sur la condition humaine, la mortalité et la place de l’homme dans l’univers. Cette approche contemplative se marie bien avec les sons sombres et expérimentaux du groupe.
  4. Symbolisme de la mort et de la résurrection : Le groupe, en particulier à travers les jeux de mots et les métaphores, utilise fréquemment la mort comme un symbole, non seulement de la fin inévitable de l’existence, mais aussi comme un point de départ pour une transformation ou une réévaluation de la société et de la civilisation.

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Sur le plan sonore, « The Night the Earth Cried » utilise des beats lourds et une production sombre, typiques du son de Gravediggaz. La production est marquée par des échantillons de musique inquiétants, des voix déformées et des rythmes lents, créant une atmosphère pesante et sinistre qui renforce les thèmes apocalyptiques et existentiels de la chanson. Les voix des membres du groupe sont souvent modulées, donnant l’impression de raconter une histoire plus vaste, presque mythologique, de la fin du monde.

« The Night the Earth Cried » est une réflexion sur la fragilité de l’humanité face aux forces destructrices de la nature et des erreurs humaines. Gravediggaz, avec son style unique, mêle des éléments de la philosophie, de la critique sociale et du symbolisme pour créer une chanson qui résonne encore aujourd’hui par sa profondeur inquiétante et son atmosphère intense. Le morceau peut être perçu comme un cri d’avertissement sur les conséquences de l’autodestruction de la société.


HipHop : Analyse de la chanson « The Night The earth Cried » du groupe Gravedigazz (1997)

Rimes..

1/ 📍Too Poetic 🙏

Too Poetic

Dans ce couplet, Grym Reaper dépeint une vision sombre et complexe de la société, où s’entremêlent des thématiques de lutte sociale, de spiritualité et d’écologie. Dès les premiers vers, il exprime un désir d’évasion face à un système oppressif, rêvant d’un réseau global qui lui permettra de fuir un gouvernement qu’il perçoit comme une entrée à sa liberté. Ce besoin de répit avec en lumière une critique implicite des institutions étatiques et de leur incapacité à protéger les individus marginalisés. Grym Reaper se présente ensuite comme un « esprit militant » et un « maître des rimes », utilisant sa poésie comme une arme pour éclairer une société aveuglée par les injustices systémiques. Il se positionne non seulement comme un témoin, mais aussi comme un guide moral, portant sur ses épaules le poids des souffrances accumulées à travers les siècles d’oppression et d’exploitation, qu’il attribue à un système intentionnellement conçu pour marginaliser de

Cependant, ce rôle de guide est ambivalent et chargé de tensions. Il décrit cette mission comme une « épée à double tranchant », symbolisant les difficultés à maintenir une conduite juste et spirituelle dans un environnement marqué par la pauvreté et la violence. À travers ses paroles, Grym Reaper s’attaque également au capitalisme, dénonçant un système qui idolâtre le profit et la tromperie, tout en mettant en évidence les contradictions des institutions religieuses, censées guider les « tribus perdues » mais souvent incapables d’unir les opprimés dans un front commun. Cette critique culmine dans sa dénonciation de « Babylon », une métaphore classique dans la culture hip-hop et reggae pour désigner un système corrompu et oppressif, qu’il accuse de perpétuer les injustices sans jamais être tenu responsable. Enfin, le couplet se clôture sur une image poignante : Grym Reaper entend pour la première fois « le cri de la Terre », un symbole de l’urgence écologique et de la dégradation morale et environnementale. Ce cri universel résonne comme un avertissement face à la crise globale, où les injustices sociales et les catastrophes environnementales s’entrelacent dans une spirale destructrice. Par cette écriture dense et engagée, Grym Reaper transcende les préoccupations individuelles pour livrer une critique puissante des dérives systémiques, offrant une réflexion à la fois personnelle.

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1. Évasion et quête de liberté

Le début du couplet évoque une aspiration à l’évasion :

« Je veux une reine sur chaque continent / Pour pouvoir échapper au gouvernement, fuir ma résidence, m’installer »

L’artiste rêve d’un réseau global qui lui permettra d’échapper aux oppressions d’un gouvernement qu’il perçoit comme oppressif. Ce besoin d’évasion reflète une critique des structures étatiques, où l’individu cherche un refuge face aux restrictions.


2. Conscience militante et portée spirituelle

« J’ai un esprit militant et je suis un brillant expert en rimes »

Grym Reaper se décrit comme un esprit militant et un maître des rimes. Il positionne sa poésie comme une arme pour exposer les vérités occultées. Son rôle dépasse celui d’un simple rappeur : il devient un éducateur, un guide pour une société « aveuglée » ( « kids are innocent / Blinded » ) par les normes et les injustices.


3. Le poids historique et les oppressions systématiques

« La misère des siècles qui m’est envoyée / Pas par hasard intentionnellement »

L’artiste se fait le réceptacle des souffrances cumulées des siècles de colonisation, d’esclavage et d’oppression. Il souligne que ces charges ne sont pas le fruit du hasard mais d’un système intentionnellement construit pour marginaliser.


4. Ambivalence du pouvoir spirituel

« Je représente la clé / Mais c’est une épée à double tranchant, tu vois / Essayer d’être pieux est difficile »

Il se voit comme un « clé » ou un potentiel sauveur pour sa communauté, mais ce rôle est difficile à tenir. La métaphore de l’épée à double tranchant évoque la tension entre les attentes élevées placées sur lui et les défis qu’il rencontre en tentant de maintenir une conduite juste, surtout dans un environnement de pauvreté où « la violence règne ».


5. Critique du capitalisme et de la religion institutionnalisée

« La libre entreprise et le mensonge sont idolâtrés »
« Avec Allah, Dieu ou Jéhovah / Pour guider la tribu perdue »

Grym Reaper critique un système capitaliste qui promeut des valeurs de profit et de tromperie, idolâtrées par la société. Il évoque également les grandes figures religieuses (Allah, Dieu ou Jéhovah) qui devraient guider les « tribus perdues », mais cela souligne aussi la division religieuse et la difficulté d’unir les peuples face aux injustices.


6. Babylone et la chute de la civilisation

« Babylone n’est jamais pénalisée / Pour être hors-jeu, tant de vies perdues »

Le terme « Babylone » est souvent utilisé dans le reggae et le hip-hop pour désigner un système oppressif et corrompu. Ici, Grym Reaper critique son impunité, qui mène à une perte massive de vies humaines. La métaphore sportive ( « hors-jeu » ) renforce l’idée d’un jeu injuste où les règles ne sont pas appliquées de manière équitable.


7. La douleur de la planète et l’urgence environnementale

« Aujourd’hui, j’ai entendu la terre pleurer pour la première fois »

La conclusion est poignante : Grym Reaper évoque un cri de douleur de la planète, symbole de l’urgence écologique et morale. Le « pire moment » reflète le moment culminant d’une crise universelle, où les injustices humaines résonnent avec la dégradation de l’environnement.


2/ 📍R.Z.A

R.Z.A.

1. « Je suis venu sur les côtes de l’Amérique déguisé en pilier »
Rzarector ouvre le couplet avec une image symbolique puissante : il évoque son arrivée en Amérique comme une figure cachée mais essentielle. Le « pilier » représente à la fois une base solide et un symbole de soutien, suggérant que les populations africaines déportées ont joué un rôle fondamental dans la construction de la société américaine, malgré leur invisibilisation.

2. « L’alpha et l’oméga et la maison des mendiants, des vendeurs noirs »
La référence à « alpha et oméga » (début et fin) donne une tonne biblique à son discours, affirmant une dimension prophétique ou divine. En décrivant l’Amérique comme « la maison des mendiants, des vendeurs noirs » , il critique un pays construit sur des inégalités, exploitant la misère des opprimés et commerçant des vies humaines, en particulier les esclaves noirs.

3. « Qui ont été battus, violés, lynchés, volés et lapidés »
Ce vers dépeint sans détour les violences subies par les populations noires pendant l’esclavage : des abus physiques, sexuels et moraux infligés de manière systématique. Ces actes de barbarie ont profondément marqué leur histoire collective et leur psyché.

4. « Et obligés de parcourir la terre en service parce qu’ils ne pouvaient pas entretenir chez eux »
Les esclaves, arrachés à leur terre natale et incapables d’y rester, furent contraints à errer dans un monde étranger, réduits à des outils au service des puissances coloniales. Ce vers souligne également la destruction des sociétés africaines, incapables de résister aux assauts européens.

5. « Cela remonte à 1555 / Quand ils capturèrent la première tribu d’hommes et les entassèrent dans un enclos »
Rzarector précise l’année 1555, qui marque le début de la traite transatlantique documentée. Il décrit avec brutalité la capture des premiers esclaves, entassés dans des enclos comme du bétail, une image choquante qui illustre leur déshumanisation.

6. « Fifty Feet High / They Take Em All On A
9000 Mile Ride » Ce passage illustre la violence logistique de l’esclavage : des centaines d’individus empilés les uns sur les autres dans des conditions inhumaines, transportés sur des milliers de kilomètres à travers l’Atlantique. Cette description rappelle le rôle central du commerce triangulaire dans le colonialisme.

7. « Et a atterri sur le rivage d’un endroit qu’ils n’ont jamais vu auparavant / Mais lisez cela dans les livres anciens de guerre »
Les esclaves arrivent dans un territoire inconnu, mais Rzarector fait ici allusion aux « livres anciens de guerre », peut- être une référence symbolique aux écritures prophétiques ou aux chroniques historiques, suggérant que cette oppression était prédite ou prévue.

8. « Collés en acier inoxydable, dépouillés de leur langue »
L’image de chaînes en acier inoxydable symbolise à la fois l’oppression physique et l’aliénation culturelle : privés de leur langue, les esclaves ont été coupés de leur identité et de leurs traditions.

9. « Still a survécu à l’angoisse de l’esclavage mais est resté sans nom »
Malgré les souffrances, les esclaves ont survécu, mais leur survie a été marquée par la perte de leur nom, de leur individualité et de leur reconnaissance, les laissant dans un anonymat imposé .

10. « Séparés en portions et trompés par John Haughty Hawkins / And vendus aux enchères, enseignés le contrôle des naissances et l’avortement »
Rzarector dénonce ici l’impact direct des marchands d’esclaves comme John Hawkins, tout en pointant les stratégies coloniales de division et de contrôle démographique, y compris l’introduction de méthodes pour limiter la croissance des populations noires.

11. « Les dirigeants de la première partie sont devenus les esclaves de la pire partie »
Ce vers souligne l’ironie tragique de l’histoire : des chefs de grandes civilisations africaines réduites à la condition d’esclaves dans des systèmes barbares et inhumains.

12. « The devils maudit Dieu et inversé Dieu / Et transformé Dieu en chien et obligé les gens à chercher dur »
Cette inversion du divin illustre la manipulation spirituelle des colonisateurs, qui ont dénaturé les croyances originelles des esclaves pour imposer leur propre système religieux, éloignant ainsi les populations noires de leur héritage spirituel.

13. « Aucun soulagement n’est venu au prophète de WD Feraud »
Rzarector mentionne ici WD Fard, figure fondatrice de la Nation de l’Islam, qui cherchait à éveiller les consciences noires mais n’a pas pu apporter de solution immédiate aux traumatismes historiques.

14. « À un traumatisme, déposé nos mamans aux Bahamas et à la Barbade/Tobagos, nous a séparés des bateaux négriers »
Ce vers met en lumière la dispersion des esclaves dans les Caraïbes, un processus qui a fracturé les familles et les communautés.

15. « Made our own brother hate us / From Virgin Isle to Jamaica / Trinidad, Honduras, Haiti, Grenada »
L’aliénation mentale et la division provoquées par l’esclavage ont alimenté la haine entre membres d’une même diaspora, un effet durable du colonialisme.

16. « Des Bermudes aux Caïmans, esclavage mental / Vous, dieux noirs, éveillez-vous »
Rzarector termine par un appel à l’éveil des descendants africains. En les appelant « dieux noirs », il renforce leur dignité et leur potentiel à dépasser l’oppression historique, transformant la souffrance en une source de renaissance.

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Rzarector offre une réflexion historique et spirituelle sur la diaspora africaine, en retraçant le parcours tragique des populations noires depuis leur capture et leur déportation jusqu’à leur condition actuelle de domination psychologique. En prenant la parole, Rzarector se positionne comme un témoin et un prophète, explorant les origines de l’esclavage et ses conséquences sur l’identité et la spiritualité des descendants africains.

Il commence par une image biblique et symbolique, se présentant comme une figure divine ( « alpha et oméga » ) mais déguisée en « pilier », soulignant une présence à la fois discrète et fondamentale. L’Amérique, décrite comme « la maison des mendiants, des vendeurs noirs » , est énoncée comme un lieu d’exploitation et d’humiliation, fondée sur la souffrance des populations noires. Il relève cette oppression à des faits historiques précis, notamment la capture du premier groupe d’Africains en 1555, qu’il décrit avec une précision brutale : entassés dans des navires sur des milliers de kilomètres, dépouillés de leur langue et de leur culture, mais miraculeusement survivants malgré l’angoisse et l’humiliation.

Rzarector insiste également sur l’aliénation identitaire, où ces individus, devenus anonymes, ont été divisés et manipulés par des figures comme « John Haughty Hawkins » , un marchand d’esclaves tristement célèbre. Il critique les stratégies coloniales, notamment le contrôle des naissances et l’avortement imposé, qui visaient à limiter la population noire. Cette manipulation est amplifiée par une inversion théologique où « les diables maudissaient Dieu et renversaient Dieu » , transformant Dieu en une figure absente ou inaccessible, privant ainsi les esclaves de leur spiritualité originelle.

Le couplet se conclut par une description poignante de la dispersion des esclaves à travers les Caraïbes, des Bahamas à la Jamaïque, créant des divisions internes et un « esclavage mental » . Malgré cette oppression, Rzarector exhorte ses frères à se réveiller, les appelant « black gods » , un rappel de leur puissance spirituelle et historique. Cette conclusion offre un message d’espoir et de résistance face à des siècles de déshumanisation.


3/ 📍Frukwan

Frukwan

Ce couplet est un exemple puissant de lyrisme complexe et de spiritualité enracinée dans une philosophie métaphysique et socio-culturelle. Frukwan, s’identifie comme une force divine (« Peace god for real »), affirmant sa nature tangible et omniprésente, non pas comme un spectre invisible mais comme une essence réelle et active. En proclamant « je suis Dieu », il se positionne comme maître de l’univers, avec une sagesse qui gouverne les orbites des planètes et une compréhension du cosmos en tant qu’entité organisée et intentionnelle.

L’allusion aux pyramides évoque une connaissance ancestrale et architecturale, symbolisant l’harmonie entre les lois universelles et les créations humaines. L’idée que « beaucoup arrivera, mais peu seront choisis » renvoie à une élite spirituelle ou intellectuelle, triée sur le volet, capable de transcender les limitations humaines ordinaires. La métaphore des « 32 degrés sous zéro » représente un état de stagnation ou d’ignorance spirituelle, où l’âme est gelée sans la chaleur de la connaissance.

Le poète poursuit en détaillant son rôle comme agent de « raffinement », utilisant son art pour démanteler les illusions et les « bullshits négatifs ». La fusion qu’il mentionne est un mélange d’idées et d’énergie qui dépasse les limites perçues de la réalité (360 degrés), affirmant que tout ce qui semble aller au-delà est une illusion trompeuse. La dénonciation des « 85 % » évoque la théorie des Nations et Tribus d’Islam, où la majorité est vue comme ignorante et manipulée par une minorité consciencieuse.

L’artiste explore également des notions philosophiques et mathématiques avec le « cypher » (cercle), une forme parfaite sans début ni fin, symbolisant l’unité et l’infinité. Sa place dans cette unité est définie par son identité comme un « 5% », représentant l’éveil et l’enseignement. Cette auto-identification est à la fois une déclaration de puissance et un engagement envers un but supérieur : dissiper l’ignorance et promouvoir l’illumination.

Les références à l’énergie, à la connaissance et à une connexion intemporelle (« plus vieux que le soleil, la lune et les étoiles ») montrent une conscience élargie qui transcende les limites physiques et historiques. Le couplet se termine par une réflexion sur la quête du succès dans un contexte nord-américain, où les récompenses les plus grandes résidentes dans la persévérance mentale et spirituelle. L’évolution de ses « degrés » vers une profondeur croissante illustre son cheminement intérieur, son enracinement dans un savoir ancien et une quête inlassable pour élever les autres à travers son art.

HipHop : Analyse de la chanson « The Night The earth Cried » du groupe Gravedigazz (1997)


Liens :

« The Night The earth Cried » du groupe Gravedigazz (1997)

https://youtu.be/NpnkY55RIz8?si=PRf8FLiJ97z4KSwu

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John Hawkins

https://youtu.be/iRvIcGWfML8?si=NHS3jmGxjVyHTBfD


Author: Firebarzzz

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