Création, effacement et pouvoir : quand l’héritage noir devient un actif blanc – Michael Jackson|Les Beatles|Little Richard – Rock| PopMusic


Voici Paul McCartney dans ses propres mots, abordant le conflit long et prolongé qu’il a eu avec le roi de la pop.

https://youtu.be/3jdB7Apk-R4?si=Y70-dTV6K8xH8Mf_

L’amitié de Michael Jackson et Paul McCartney a été construite sur la collaboration musicale, mais a été définitivement aigrie après que Jackson a acheté le catalogue ATV / Beatles en 1985. Au cours des années à venir, les deux se sont battus et se sont attaqués publiquement en raison de leurs différences sur la façon dont l’entreprise aurait dû été exécuté.


« They studied everything I did. I raised them. I knew them when nobody knew them except their mothers. »
— Little Richard, à propos des Beatles.

Cette phrase n’est pas une provocation. C’est un rappel historique. Elle expose une vérité souvent édulcorée : une grande partie de la musique populaire occidentale s’est construite sur le génie noir, puis a prospéré grâce à son effacement.

Les Beatles, comme tant d’autres groupes britanniques des années 60, ont étudié, repris, digéré et reformulé les codes du rhythm & blues, du gospel et du rock’n’roll noir américain. Little Richard, Chuck Berry, Sister Rosetta Tharpe ou Muddy Waters n’étaient pas des influences secondaires : ils étaient la matrice. Pourtant, la reconnaissance symbolique et surtout économique a rarement suivi.

C’est ici qu’intervient Michael Jackson — non pas comme artiste, mais comme stratège.

Lorsque MJ rachète le catalogue ATV, incluant une grande partie du publishing des Beatles, il ne fait pas un geste sentimental. C’est un coup de maître économique, lucide et froid. Il comprend une chose essentielle : dans l’industrie musicale, le pouvoir n’est pas dans la création, mais dans la propriété. Il investit là où la valeur est maximale, là où le système a déjà concentré richesse et légitimité.

Mais ce geste a aussi une portée symbolique forte. Michael Jackson restitue à Little Richard ce qui lui a été refusé : la reconnaissance de son rôle fondateur. Et lorsque Paul McCartney, pourtant immensément riche, tente de récupérer ce pouvoir et se heurte à un refus, cela révèle une inversion rare des rapports habituels : pour une fois, un homme noir détient les clés d’un empire bâti sur une culture noire blanchie.

Il est révélateur que MJ n’ait pas acheté les catalogues des Isley Brothers ou de Gap Band. Non pas par manque de respect, mais parce que le marché avait déjà décidé : ces artistes, bien que majeurs, n’avaient pas été élevés au rang d’icônes universelles par l’establishment. Leur valeur symbolique et financière n’avait pas été hypertrophiée par le système dominant.

Cette réalité met en lumière une logique implacable :

le capital ne récompense pas l’origine, il récompense ce qu’il a lui-même légitimé.

Les artistes noirs ont souvent créé les formes. Les structures blanches ont organisé leur diffusion, leur monétisation et leur mémoire. Michael Jackson, en homme conscient des règles du jeu, a choisi de les utiliser à son avantage — non pour corriger l’histoire, mais pour s’y imposer.

L’histoire de Little Richard, des Beatles et de MJ n’est donc pas une anecdote musicale. C’est une leçon de pouvoir. Elle nous rappelle que sans contrôle économique, la culture reste vulnérable à l’appropriation, et que la reconnaissance morale, seule, ne protège jamais l’héritage.

La vraie question demeure :
qui possède ce que nous avons créé, et pourquoi ?

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Author: Firebarzzz
Firebarzzz, passionné de Hip-Hop et Oldschool (Eastcoast, Westcoast, Funk, RnB), partage ses sélections sur Firebarzzz.com et anime l’émission “So Many Ways” sur Campus FM de 21h à 23h. Suivez-le sur YouTube , Instagram et X/Twitter .

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