Bien avant que les prises de position politiques des athlètes ne deviennent visibles et parfois même valorisées, Mahmoud Abdul-Rauf a payé le prix fort pour avoir suivi sa conscience. Ancien meneur des Denver Nuggets, scoreur d’élite et esprit profondément réfléchi, Abdul-Rauf reste aujourd’hui l’une des figures les plus incomprises — et pourtant les plus courageuses — de l’histoire moderne de la NBA.
Dans une discussion récente avec Matt Barnes sur All The Smoke, Mahmoud Abdul-Rauf est revenu avec lucidité et calme sur les événements qui ont marqué sa carrière et sa vie, bien au-delà du parquet.
Bonne lecture…
Le poids d’un nom et l’héritage de l’histoire
Anciennement connu sous le nom de Chris Jackson, Mahmoud Abdul-Rauf a expliqué que le changement de nom n’était ni une provocation ni un caprice, mais un acte profondément enraciné dans l’histoire et la conscience collective.
« La plupart de nos noms sont des résidus de l’esclavage, qu’on le veuille ou non. Quand vous décidez de choisir votre propre nom, certains comprennent la portée sociale et politique de ce geste. Et pour ceux qui connaissent l’histoire, cela peut être dérangeant. »
À l’image de Muhammad Ali avant lui, Abdul-Rauf a incarné cette peur que suscite un athlète qui pense par lui-même. Tant que sa foi restait discrète, elle semblait tolérée. Mais lorsqu’il a commencé à prier ouvertement, à dialoguer en profondeur avec ses coéquipiers et à assumer pleinement ses convictions, le regard a changé.
« À partir de là, il y avait cette idée que je pouvais ‘infecter’ les autres. Je l’ai ressenti profondément. »
Le refus de se lever : un acte de conscience, pas de haine
En 1996, Mahmoud Abdul-Rauf est suspendu pour avoir refusé de se lever pendant l’hymne national américain, qu’il considérait comme un symbole d’oppression et d’injustice. À l’époque, le geste choque. La ligue, les médias et l’opinion publique s’emballent. La pression est immense.
Isolé, banni temporairement des installations, Abdul-Rauf voit son choix devenir une affaire mondiale. C’est alors qu’un mentor lui propose une réflexion spirituelle inspirée d’un épisode de la vie du Prophète Muhammad : se lever non pas pour soutenir une cause injuste, mais pour honorer la vie humaine.
« Tu peux te lever, mais pour les opprimés, pour les victimes, et faire une prière. »
Cette décision, prise dans la colère et la douleur, ne signifiait pas un renoncement. Mahmoud le précise avec force : sa position n’a jamais changé. Seul le geste a évolué, pas le message.
Le prix à payer
Les conséquences sont lourdes. Suspendu un match par les Nuggets, Abdul-Rauf est ensuite échangé à Sacramento après la saison 1996. Il y joue deux saisons avant de poursuivre sa carrière à l’étranger. En 2000, il effectue un dernier passage en NBA à Vancouver, loin de la reconnaissance que son talent méritait.
Pourtant, son héritage dépasse les statistiques. Bien avant Colin Kaepernick, bien avant que la NBA ne soutienne publiquement certaines causes sociales, Mahmoud Abdul-Rauf a montré ce que signifiait réellement vivre avec une « conscience libre ».
« Mon objectif est de vivre et mourir avec une conscience libre et une âme libre, que ça plaise ou non. »
Une figure réhabilitée par le temps
Aujourd’hui, le regard porté sur Mahmoud Abdul-Rauf change. Son histoire résonne différemment à une époque où les athlètes sont de plus en plus nombreux à utiliser leur voix. Ce qu’il a vécu rappelle une vérité essentielle : être en avance sur son temps a souvent un coût.
Mahmoud Abdul-Rauf n’a pas seulement changé la façon dont on perçoit l’engagement des joueurs NBA. Il a ouvert une brèche. Une brèche dans laquelle beaucoup sont passés plus tard — avec, cette fois, le soutien du public.
Et l’histoire, lentement mais sûrement, commence enfin à lui rendre justice.
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