Above The Law ft. 2Pac & Money B – Call It What U Want (1992) : un classique G-Funk sous-estimé

Above The Law ft. 2Pac & Money B – Call It What U Want (1992) : un classique G-Funk sous-estimé

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Dans les premières années 90, avant que le G-funk ne devienne une signature mondiale, il existait encore une zone floue, un territoire sonore brut où tout était en train de se construire. C’est précisément là que s’inscrit Call It What U Want de Above the Law, accompagné de 2Pac et Money B. Un morceau qui ne cherche pas à plaire, mais à poser une vision. Une vision sombre, lucide, presque froide du monde qui l’entoure.

Dès les premières secondes, l’atmosphère s’installe. Ce n’est pas encore le G-funk lisse et calibré qui dominera quelques années plus tard. Ici, le son est plus rugueux, plus expérimental, porté par cette touche électronique caractéristique d’Above the Law. Il y a quelque chose de presque clinique dans la production — une distance, comme si la musique observait la rue plutôt que de simplement la raconter. Et au centre, les voix viennent briser ce détachement.


Quand 2Pac apparaît, on entend déjà plus qu’un rappeur en devenir. Il y a une urgence dans son ton, une tension qui dépasse le cadre du morceau. À cette époque, il n’est pas encore l’icône qu’il deviendra, mais tout est déjà là : la colère, la lucidité, cette capacité à transformer une réalité dure en discours. À ses côtés, Money B apporte une autre énergie, plus posée, presque complémentaire, ancrée dans l’héritage du crew Digital Underground. Ensemble, ils créent un équilibre étrange, entre confrontation et observation.

Mais ce qui rend Call It What U Want si particulier, c’est son titre lui-même. Comme une déclaration. Comme si le morceau refusait d’être enfermé dans une case. Gangsta rap ? G-funk naissant ? Expérimentation West Coast ? Peu importe. “Appelle ça comme tu veux.” Ce refus des étiquettes donne au titre une liberté rare, presque en avance sur son temps.


En toile de fond, on ressent aussi l’influence d’une époque marquée par les tensions, les transformations sociales et l’évolution rapide du hip-hop. Le morceau ne décrit pas une scène précise, il capte une ambiance globale — celle d’un monde en mutation, où les codes ne sont pas encore figés. Et c’est peut-être pour ça qu’il reste aussi marquant aujourd’hui : il ne sonne pas comme une copie, mais comme une origine.

Avec le recul, Call It What U Want apparaît presque comme un point de transition. Un moment suspendu entre deux ères. D’un côté, l’héritage brut du rap de la fin des années 80. De l’autre, l’émergence d’un son plus structuré, plus identifiable, qui dominera la West Coast. Above the Law, souvent sous-estimé, joue ici un rôle essentiel : celui de pionnier discret.


Ce n’est pas un morceau facile. Il ne cherche pas à séduire immédiatement. Mais pour ceux qui prennent le temps de l’écouter vraiment, il révèle autre chose. Une profondeur. Une noirceur maîtrisée. Et surtout, une authenticité qui ne s’invente pas.

Dans un monde où tout finit par être classé, archivé, défini, Call It What U Want reste fidèle à son essence. Insaisissable. Libre. Vivant.
Et quelque part, c’est exactement ce qui le rend indispensable.

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Author: Firebarzzz
Firebarzzz, passionné de Hip-Hop et Oldschool (Eastcoast, Westcoast, Funk, RnB), partage ses sélections sur Firebarzzz.com et anime l’émission “So Many Ways” sur Campus FM de 21h à 23h. Suivez-le sur YouTube , Instagram et X/Twitter .

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