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« Watts 1965 : quand la colÚre explosa »

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1. Contexte immédiat
En 1965, Los Angeles Ă©tait une ville en pleine contradiction. Officiellement, les lois Jim Crow Ă©taient tombĂ©es. Officiellement, les Afro-AmĂ©ricains avaient les mĂȘmes droits que les Blancs. Mais dans les rues de Watts, la rĂ©alitĂ© Ă©tait toute autre.
Le chĂŽmage frappait durement la communautĂ© noire, atteignant parfois jusqu’Ă 30 %. LâaccĂšs au logement restait un parcours du combattant, les discriminations Ă lâembauche Ă©taient systĂ©matiques, et la police de Los Angeles, sous les ordres du chef William Parker, pratiquait une politique de brutalitĂ© quasi institutionnalisĂ©e contre les minoritĂ©s.

Dans cet environnement Ă©touffant, la colĂšre couvait. La jeunesse noire, souvent sans emploi, sans perspective, voyait dans chaque patrouille de police un rappel brutal de son exclusion. L’espoir promis par le mouvement des droits civiques paraissait bien lointain Ă Watts.
2. Le Déclencheur (Marquette Frye)
Le 11 aoĂ»t 1965, Marquette Frye est arrĂȘtĂ© en fin dâaprĂšs-midi sur Avalon Boulevard pour conduite en Ă©tat dâivresse. Les policiers Ron Williams et Lee Minikus procĂšdent au contrĂŽle. La situation dĂ©gĂ©nĂšre rapidement : des tĂ©moins affirment que Marquette est frappĂ© et humiliĂ© par la police.
Sa mÚre, Rena Frye, arrive sur place, affolée. Une altercation éclate ; certains parlent de brutalités policiÚres contre elle aussi. TrÚs vite, la foule se masse. Les insultes fusent, la tension grimpe. Des jeunes commencent à défier verbalement les policiers.
Dans un climat d’incomprĂ©hension mutuelle â policiers blancs, habitants noirs â, l’incident devient plus qu’une arrestation : il devient l’Ă©tincelle.
3. Le DĂ©roulement des Ămeutes
Dans la nuit du 11 au 12 août, les premiÚres échauffourées éclatent.
Le lendemain, les rues sont Ă feu et Ă sang. Des voitures sont retournĂ©es, incendiĂ©es. Des commerces tenus par des Blancs ou des Asiatiques sont pillĂ©s. Les vitrines volent en Ă©clats. Les forces de l’ordre sont dĂ©bordĂ©es.
La violence monte en intensité :
- Le 13 août, des milliers de personnes affrontent la police dans les rues.
- Le 14 aoĂ»t, la Garde nationale est mobilisĂ©e : 14 000 soldats patrouillent dans Watts, souvent armĂ©s de fusils d’assaut.
- Le 15 aoĂ»t, lâarmĂ©e impose un couvre-feu. Les affrontements diminuent mais ne cessent pas complĂštement.
Des tĂ©moins dĂ©crivent des scĂšnes dâapocalypse : « La fumĂ©e Ă©tait si dense quâon aurait cru la ville en guerre », dira un habitant de Watts.
4. Les Conséquences immédiates

Le bilan est terrible :
- 34 morts, dont la majorité sont des Afro-Américains.
- Plus de 1 000 blessés.
- 3 438 arrestations.
- 977 bùtiments endommagés ou détruits.
- Plus de 40 millions de dollars de dĂ©gĂąts (de l’Ă©poque).
Ă Watts, les rues ressemblent Ă un champ de ruines. Les promesses d’aide fĂ©dĂ©rale arrivent, mais beaucoup d’habitants restent sceptiques.
5. Réactions politiques et médiatiques
Le gouverneur de Californie, Pat Brown, est critiquĂ© pour sa lenteur Ă rĂ©agir. Il ordonne nĂ©anmoins une enquĂȘte officielle. Le prĂ©sident Lyndon B. Johnson, quant Ă lui, se dit « profondĂ©ment troublé » mais insiste sur le fait que « la violence ne saurait ĂȘtre une solution ».
Dans la presse blanche, les Ă©meutes sont qualifiĂ©es de « rĂ©volte criminelle » ou de « dĂ©bordement anarchique ». En revanche, dans la presse noire, comme le Los Angeles Sentinel, le ton est tout autre : on parle de « colĂšre lĂ©gitime contre un systĂšme d’oppression ».
6. Analyse sociale

La Commission McCone, créée pour enquĂȘter sur les causes des Ă©meutes, conclura que les principaux facteurs sont :
- le chĂŽmage massif,
- les logements insalubres,
- l’Ă©ducation de mauvaise qualitĂ©,
- et la brutalité policiÚre.
Pour beaucoup, ces conclusions confirment ce que les habitants de Watts dénonçaient depuis des années.
Par ailleurs, les Ă©vĂ©nements de Watts marquent un tournant : ils annoncent lâĂšre des luttes plus radicales. Moins de compromis, plus de revendications directes. Câest dans ce contexte que les Black Panthers apparaĂźtront en 1966, armĂ©s non seulement de fusils, mais aussi d’une conscience politique aiguisĂ©e.
7. Retour sur Marquette Frye
AprÚs les émeutes, Marquette Frye disparaßt des radars médiatiques.
Il mĂšne une vie discrĂšte, marquĂ©e par des problĂšmes personnels, et meurt en 1986, Ă l’Ăąge de 42 ans, d’une pneumonie.
Dans lâhistoire officielle, son nom restera associĂ© au dĂ©but dâune explosion sociale. HĂ©ros ? Non. Symbole, malgrĂ© lui ? Oui. Marquette Frye fut l’Ă©tincelle dans un monde saturĂ© d’essence.
Ăcrit par Firebarzzz pour Firebarzzz.Com
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