PEUT-ON RESTER UN GROUPE DE GANGSTA RAP ET DEVENIR RESPONSABLE EN MÊME TEMPS ? – firebarzzz Gfunkology Archive


PEUT-ON RESTER UN GROUPE DE GANGSTA RAP ET DEVENIR RESPONSABLE EN MÊME TEMPS ?


1991, Riverside County. Loin des projecteurs de Compton ou de South Central, quatre mecs décident de former un groupe qui va porter la voix d’un comté qu’on citait rarement dans le game : G. Bubs, Silk, Baby Fresh et Cas-Loc. Ensemble, ils deviennent New Breed of Hustlas. Pas de contrat massif, pas de gros label derrière eux au départ, juste une réalité brute à raconter : celle de leurs rues, telle qu’elle est, sans filtre et sans excuse.

Leur premier album se vend à plus de 300 000 exemplaires en total underground, sans la moindre promotion, sans campagne marketing, juste porté par le bouche-à-oreille et la fidélité d’un public qui se reconnaît dans leurs mots. Pour un groupe indépendant de cette époque, c’est un chiffre presque hallucinant, la preuve qu’une musique honnête peut se faire une place sans avoir besoin des projecteurs des grosses maisons de disques.


Mais l’histoire de New Breed of Hustlas, c’est aussi une histoire de pertes. Le groupe traverse la mort de deux de ses membres fondateurs, Gangsta Bubs et Mr. Cas, en plein milieu de leur parcours. Une décennie entière de sang, de sueur et de larmes, comme ils le décrivent eux-mêmes à propos de leur projet « NBH to da Death ». Plutôt que de s’effondrer, le groupe choisit de continuer à porter le son New Breed jusqu’au nouveau siècle, en mémoire de ceux qui ne sont plus là pour le faire avec eux.


Ce qui rend leur trajectoire particulière, c’est la prise de conscience qu’ils développent avec le temps. Ils savent que leur musique, brute et sans compromis, va se retrouver entre les mains de nombreux jeunes qui les écoutent. Alors plutôt que d’ignorer cette responsabilité, ils décident d’y consacrer une partie entière de leur travail, sous l’étiquette « that’s the grown man stuff ».

Baby Fresh résume cette philosophie avec une franchise rare dans le milieu : le rap game, selon lui, a perdu quelque chose d’essentiel. Ce n’est pas une question de filles, de bijoux ou de champagne, mais de ce qu’on est capable de redonner à sa communauté. Pas prouver qu’on est dur, mais prouver qu’on est un homme, un vrai, par l’exemple.


DISCOGRAPHIE📀🎧



Le plus intéressant, c’est qu’ils ne renient jamais leur style pour autant. Ils ne changent pas leur gangsta rap en musique édulcorée pour plaire à tout le monde. Ils gardent leur son, leur vérité, leur dureté, tout en y ajoutant une dimension de responsabilité que peu de groupes de leur génération assumaient publiquement.


Alors la vraie question à se poser : est-ce qu’un artiste de gangsta rap peut vraiment rester fidèle à son style tout en devenant une figure responsable pour les jeunes qui l’écoutent ? Ou est-ce que ces deux rôles sont fondamentalement incompatibles dans un genre construit sur la représentation brute de la rue ?


New Breed of Hustlas n’a jamais eu la reconnaissance nationale de groupes bien plus médiatisés. Mais leur histoire prouve qu’on peut porter la voix de ses rues tout en portant, en même temps, celle de sa communauté.


G-Bubs
Baby Fresh
Silk
Cas-Loc


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Author: Firebarzzz
Firebarzzz, passionné de Hip-Hop et Oldschool (Eastcoast, Westcoast, Funk, RnB), partage ses sélections sur Firebarzzz.com et anime l’émission “So Many Ways” sur Campus FM de 21h à 23h. Suivez-le sur YouTube , Instagram et X/Twitter .

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